Login

Safia Kachour

Articolo di
Safia Kachour
del 15 ноября 2013

FASCINANTE ET REDOUTABLE, LA CHINE A TRAVERS L’IMAGE

Emma Tassi nous sert un très joli reportage : «La Chine dans l’objectif» avec des images assez inédites d’une Chine en perpétuelle évolution, sujet le plus souvent oublié des médias

La Chine est belle et bien engrenée dans une grande ère mutante où foisonnent des projets de construction monumentaux et toutes les modifications de vie quotidienne qu'ils induisent. Mais cette expansion à vitesse éclair semble tiraillée entre, d'une part, le désir de modernité, le rêve métropolitain, caractérisé par un élan destructeur incroyable, et, d'autre part, la tradition de l'homme en harmonie avec la nature, qui tend à disparaître en ce territoire immense. Les écarts entre les populations se creusent : entre richesse et pauvreté, modernité et tradition, urbanité et nature, est-ce une simple phase de transition pour un alignement occidental ou faut-il voir ceci comme un équilibre de l'identité chinoise et de son apparence ultra-moderne ? Pour saisir les subtilités de cette métamorphose, l'oeil du photographe s'avère être fatalement l'intermédiaire le plus adéquat.

Passé nostalgique et avenir incertain

La Chine est entrain de vivre des moments épiques qui effrayent et fascinent les photographes : les villes sont pleines de matériaux qui vont servir l'expression ce sentiment de trouble. Il est inconcevable pour ces artistes de manquer un seul moment de ces "sublimes" bouleversements. 
On nous montre des photographes mélancoliques, nostalgiques, qui expriment à leur manière leurs regrets, fascination et crainte de cette Chine mutante. Le point commun de tout ces photographes c’est sûrement l’angoisse d'un futur incertain, ils sont humains. Que le sujet soit l’urbain ou la nature, le chaos ou la ville construite, l’abandon matériel ou la capture de l’urbanité, le retour à l’enfance ou l’étude des infrastructures, les routes par exemple, chaque cliché semble teinté d’un "mal du siècle" assez représentatif d’un ressenti global. On cherche les traces du passé dans un apparent chaos, on veut soutenir la singularité des villes qui se perdent de plus en plus : on sent que ce monde du futur et la tradition ancestrale cohabitent sans jamais se croiser, ce sont des destins séparés qui se traduisent par des sociétés qui se côtoient sans jamais trouver de réel point de fuite commun. On veut montrer ce passage brutal, par la force, en jouant sur l'opposition avec ces images de ces villages où le temps n’a aucune emprise, de ces villes où le temps semble s'être arrêté. Luo Dan en immersion dans un village chrétien isolé de Fugong, déclare vouloir par l'aspect spirituel de l’image, s'imprégner de ces modes de vie plus "sains" pour acquérir cette force intérieur qui permet d’affronter les événements de la vie : «Tout ce qu’ils savent nous l’avons perdu, tout ce que nous possédons, ils ne l’on pas encore». On veut lutter contre cette amnésie collective dans le chaos de la modernité. D’autres comme Xu Peiwu cherchent à montrer justement l’histoire de la ville, par l’exemple de Canton, qu’il commence à photographier en 1993, regrettant ainsi, ses anciennes habitudes, un mode de vie plus léger, alors que l’on va jusqu'à détruire la rivière pour construire un opéra. Il s’intéresse au processus de mutation, qui n’est pas forcément visible à l’échelle de la temporalité humaine. Le projet fini importe peu pour les personnes qui vivent ce changement, l’importance est justement de le montrer : il dégoûte, déconcerte, fascine, terrorise mais ne laisse pas les artistes indifférents. C'est un challenge pour ces photographes de dévoiler cette Chine qui considérée comme encore sous-développée nous est souvent cachée : ils désirent établir un constat. Quelle solution pour combler ces peurs, le retour au traditionnel ou trouver une identité esthétique propre à la Chine ? 

Une identité esthétique "schizophrénique" ?

«Seules les images sont remparts à l’oubli et fenêtre sur le monde» : C’est sur ces mots que s’ouvre la deuxième partie de ce reportage qui aborde une toute autre problématique profondément liée à la première. La Chine c’est la rupture entre le foisonnement de valeurs occidentales, avec l’arrivée du luxe en masse et la revendication d’une beauté chinoise spécifique. Nous sommes dans une distillation de ces idéaux assez antithétiques et cela transparaît beaucoup dans l’imagerie de mode que ces photographes de la nouvelle génération vont très bien illustrer. A l’époque de Mao c’était l’esthétique de la jeunesse qui primait, dans les années 30 on pense aux «belles de Shangaï», «fleurs de péché» pendant que les années 1980 sentent la fraîcheur du printemps. Aujourd’hui ce sont de nouveaux citadins qui ont quitté les campagnes en quête d’idéaux, de séduction, d’exaltation de la richesse matérielle que l'on vise. La recherche d'une beauté spécifique et neuve se met en place tiraillée par les modèles internationaux, le multi-culturalisme et la démarcation justement ces idéaux. Cela se traduit chez Wing Shya avec des inspirations cinématographique hongkongaises, surtout dans la lumière et l’atmosphère, proches Wong Kar-Wai : ces effets revendiquent cette beauté mélancolique propre aux asiatiques, toute en retenue, mystérieuse, qui cherche à dissimuler une sorte de secret. On pense la fragilité de ces figures comme un gage de maturité, une beauté naturellement élégante car sobre : elles vacillent entre la "poupée" fidèle à la tradition et la "femme fatale". L’élégance chinoise, c’est préserver cette quiétude, ce contrôle de soi qui trahit malgré tout une vulnérabilité. D’autres, comme la talentueuse et prisée Chen Man, vont s’attacher au star-system, tout en maniant avec aisance les symboles occidentaux, les formes biologiques et naturelles, la description de cette Chine qu’elle expérimente chaque jour, renouant aussi avec la philosophie plus ancienne chinoise. On cherche à mélanger ces codes, les adapter pour former ce nouveau style alors que l’occident aveugle le nouveau genre "citadin". Ce n’est pas une conversion de l’esthétique chinoise en esthétique occidentale mais plutôt un réseau d'allusions dissimulées de manière légère et subtile. L’obligation de toucher le grand public est très sérieuse alors que la question de consommation est au centre de ces nouvelles mentalités. Zhang Peili, «the Father of Video arts in China», propose une attitude plus spirituelle de la beauté, non formatée, délivrée de tout matériel, une beauté intérieure qu’il retrouve chez Yang Fudong : ce denier entrelasse réalisme des prises de vue et atmosphère poétique. au réalisme. Cela pose un problème temporalité, on trouble l’image : passé et présent, tradition et modernité se confondent pour créer cette nouvelle identité esthétique tant recherchée lors du geste photographique. La nouvelle mode, serait donc remonter dans le temps, dépoussiérer l'ancienne pensée pour l'adapter à une nouvelle génération où règne cette primauté de l’apparence. Cette question de l’identité esthétique chinoise devient presque politique à l’heure où l’ultra modernité cherche son vrai visage.

Ces témoignages photographiques, ces émotions si peu relatées, ces paroles si peu diffusées, sont des indications précieuses pour mieux appréhender l’art chinois actuel, peu connu ou peu compris à vrai dire de nos scènes artistiques contemporaines. Ce reportage met en lumière les éléments de cette évolution que nous sentons mais qui à la fois nous échappe aussi totalement. On prend conscience de l’impact de la mondialisation, de ses dangers. Emma Tassi nous propose d’entrer en contact avec la Chine de manière très intime, dans le vif du sujet de manière très claire sans manquer de subtilité ou tomber dans le cliché, pour le plus grand bonheur de nos yeux. Les deux dernières parties diffusées le 16 novembre sur ARTE, traiteront de «la rébellion par l’image» et de la «quête de soi» s’inscrivant ainsi, dans la logique tout à fait cohérente et pertinente de ce reportage.

commenti

Per commentare ed interagire devi registrarti
Luca Mesini - 17/08/2015 - 23:45:52
L'evoluzione e lo sviluppo sono elementi molto forti nel contesto sociale sul quale limo culturale si defina poi la coscienza e la caratteristica dell'individuo, inteso come identità... il profilo degli archivi fotografici è elemento che “storiografa” questa sorta di esegesi della solitudine di massa sul qual capitolo si moderano quei che decideranno, da protagonisti (forse prepotenti o vincitori) gli assi geopolitici del domani... qua e là, la poesia e la tradizione resistono, anche se nel profilo della desinenza di essere lasciati soli – e i sogni dei giovani insistono sui modelli dello sviluppo del benessere sociale (poco probabilmente emancipato a livello di coscienza e di azione che creerà un tipo di reazione talvolta sconsiderata, ma umano per istinto e diritto – sovente si dice: “se avete sbagliato Voi vogliamo sbagliare anche noi...”) mi sovviene, su questa forma in divenire in Cina, un altro archivio che ci parla dell'America e, per quanto in uno scollamento culturale ed esistenziale ne sia il raffronto sul merito, credo che il delta porti sempre al mare e metta insieme il risultato (prima o dopo): e la fotografia ne testimonierà il decorso... cfr. http://www.shorpy.com/ – Altra cosa interessante del Vs. interessante articolo è comunque il fattore cinese: che non conosciamo per niente e che è ben più grande di quelle spettacolari foto delle cascate nelle loro grandissime dighe, perché mette in pari una società diversa che vuole essere uguale – al mondo diverso che gli sta attorno, e par che questo sia ciò che ognuno vuole (da dentro la Cina, da fuori...). Una nuova confusione che porterà a una ulteriore e più efficace omologazione del pianeta come qualche intellettuale diceva, dalle nostre parti, che stava riuscendo più il consumismo di quanto non avesse potuto fare il fascismo, in tal senso, a casa nostra...
politica editoriale note legali FAQ chi siamo pubblicizzati servizi

Copyright © 2013 EQUILIBRIARTE All Rights Reserved