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Hugo Pratt, l'aquarelliste magnifique

Pubblicato da
Lorenzo Paci
il 11 maggio 2011
La Pinacothèque de Paris propose, jusqu'au 21 août prochain, la découverte de près de 160 œuvres méconnues en couleur du célèbre créateur de Corto Maltese

Par Le Figaro - Olivier Delcroix

Aujourd'hui encore, le Vénitien Hugo Pratt (1927-1995) reste par bien des aspects un auteur mystérieux. Nombreux sont ceux qui le considèrent toujours comme un «maître du noir et blanc». Ce que la rétrospective du Grand Palais avait brillamment démontré il y a vingt-cinq ans. Aujourd'hui, pourtant, ce que l'on découvre en arpentant les trois salles de l'exposition «Le voyage imaginaire d'Hugo Pratt» organisée à la Pinacothèque de Paris, c'est exactement le contraire.

«L'homme n'était pas à un paradoxe près, confirme, souriant, Patrick Amsellem, ami de Pratt et commissaire de l'exposition. Il avait d'ailleurs coutume de dire: “Je suis un dessinateur qui écrit et un écrivain qui dessine”, dès qu'on le questionnait sur son métier de dessinateur de BD.»

Programmée plus rapidement que prévu, compte tenu de la dégradation des relations entre le Mexique et la France qui conditionnait l'exposition «Les masques de jade mayas» prévue à cette même date, «Le voyage imaginaire d'Hugo Pratt» accueille près de 160 aquarelles rares et méconnues peintes par le créateur du célèbre marin romantique Corto Maltese, sans oublier, bien sûr, quelque 150 planches originales en noir et blanc qu'on a plaisir à voir et revoir pour en détailler de plus près la virtuosité plastique.

C'est grâce aux prêts de trente-cinq collectionneurs des œuvres du Maestro que la Pinacothèque a pu afficher sur près de mille mètres carrés une telle variété de dessins, peintures et esquisses prattiennes. On découvre ainsi un Hugo Pratt quasi inconnu, coloré, vibrant, dont les transparences illuminent chaque salle. «À l'origine de tout cela, rappelle le commissaire de l'exposition, Patrick Amsellem, il y a eu la proposition de l'éditeur anglais Fleetway Publications. Dans les années 1950, le jeune Pratt ne roule pas sur l'or. Il accepte et s'installe durant un an et demi à Londres. Déjà passé maître dans l'art de la BD en noir et blanc, dans la lignée d'auteurs tels que Milton Caniff, Alex Raymond ou Chester Gould, il s'inscrit à la Royal Academy of Watercolor. Il suit assidûment des cours d'aquarelle. Cette technique spécifique de mise en couleur, Pratt va la peaufiner toute sa vie. Ses plus belles aquarelles, selon moi, il les fera à la fin de sa vie.»

Parmi les aquarelles présentées à la Pinacothèque, on retient quelques pièces rares tels ces Papous pris sur le vif lors d'un des derniers voyages de Pratt en Papouasie-Nouvelle-Guinée, en 1994. «De loin, on croirait un tableau abstrait, s'enthousiasme Amsellem. Lorsqu'on s'approche, on distingue un groupe de danseurs aux coiffes rouges en plein mouvement. C'est magnifique ! Ce que je voulais surtout avec cette exposition, c'est montrer que le génie de Pratt ne se limite pas à Corto Maltese.»

Dans une urgence joyeuse

J'avais un rendez-vous, 1994. Papous pris sur le vif lors d'un des derniers voyages de Hugo Pratt en Papouasie-Nouvelle-Guinée. (© 1994 Cong SA)
Autre merveilleuse image, celle d'une yole, voile au vent, fendant les flots sur fond vert. «Vers la fin de sa vie, analyse Amsellem, Pratt voulait à tout prix arriver à la ligne parfaite. Je me souviens qu'un soir, alors que nous regardions un documentaire sur la vie de John Ford, le réalisateur avait évoqué la manière dont il plaçait sa caméra par rapport à l'horizon. À cet instant, Hugo s'était levé d'un bond et avait crié: “C'est ça !” Dans cette aquarelle, Pratt suggère la ligne d'horizon d'un trait fluide et transparent. Il était arrivé à une économie de moyens qui est prodigieuse: son but ultime.»

Avec ces aquarelles fulgurantes et colorées, faites dans une urgence joyeuse, Pratt se montre tel qu'il est à la fin de sa vie: un merveilleux aquarelliste, attentif, poète, onirique, contemplatif, avec cette touche colorée rare, marque des grands artistes d'hier et d'aujourd'hui.

«La Ballade de la mer salée» en intégrale

En 1967, Hugo Pratt ne sait pas qu'il va donner naissance à l'un des héros les plus emblématiques de la BD: Corto Maltese. Le beau marin romantique portant une boucle à l'oreille gauche (conformément à une tradition de la marine marchande) apparaît dans La Ballade de la mer salée, un roman graphique qui s'apparente dans sa forme à un somptueux hommage aux romans d'aventures maritimes de Robert Louis Stevenson. Corto n'y apparaît qu'en tant que simple pirate. Mais, un peu malgré lui, ce second rôle se transformera au fil des pages. Bien vite, sous la plume de Pratt, Corto se mettra à vivre une existence propre dans les pages du magazine Pif Gadget .

Pour la première fois, Patrick Amsellem donne à voir l'intégralité des 163 planches originales de cette BD mythique, «considérée comme le premier véritable roman en bande dessinée, précise-t-il. On y décèle une maîtrise exceptionnelle du noir et blanc et des références évidentes à quelques monuments du film d'aventure, tels que Le Roi des îles, avec Burt Lancaster».

«Le voyage imaginaire d'Hugo Pratt» à la Pinacothèque de Paris. 28, place de la Madeleine, Paris, VIIIe. Tél.: 01.42.68.02.01. Horaires: tlj de 10h30 à 18 heures. Jusqu'au 21 août.

http://www.lefigaro.fr/bd/2011/05/09/03014-20110509ARTFIG00461-hugo-prattl-aquarelliste-magnifique.php

 

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Fulvio Martini - 18/05/2011 - 15:18:00
Grande Pratt! :-)
un merveilleux aquarelliste, attentif, poète, onirique, contemplatif, avec cette touche colorée rare, marque des grands artistes d'hier et d'aujourd'hui.
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